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Inhaltsverzeichnis

Aufgaben zu Text I (nicht-literarisch)

1

Présentez la position des jeunes salariés face à la vie professionnelle.

30 %

2

Analysez les différentes réactions aux nouvelles mentalités des jeunes salariés en tenant compte des procédés stylistiques utilisés par l’auteure.

40 %

3

Au choix:

3.1

Changer de métier plusieurs fois dans sa carrière – est-ce souhaitable? Discutez.

ou:

3.2

Suite à cet article, le magazine L’Express invite ses lecteurs à réagir à la question de savoir «comment ces générations peuvent se compléter» (l. 65-66). Dans un courrier des lecteurs, vous justifiez vos idées en vous référant à plusieurs domaines de la vie dans lesquels les différentes générations peuvent s’entraider.

Rédigez ce courrier.

30%
100%

Leslie Larcher : «Je ne me tuerai pas à la tâche»:

l’entreprise, nouveau théâtre des conflits générationnels (2022)

1
Avec des jeunes qui revendiquent un rapport au travail plus distancié, le monde de l’entreprise se
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trouve bousculé.
3
«Je suis ok pour me donner à fond, faire de plus grosses journées de manière ponctuelle, mais je
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ne me tuerai pas à la tâche. J'ai une vie à côté du travail». Voilà ce qu’a précisé Alexandre Potier,
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27 ans, lors de son entretien d’embauche pour un poste en ressources humaines, qu’il débutera en
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juin après deux ans dans la même entreprise. […]
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La génération Z1, dont fait partie Alexandre, comme celle plus ancienne des «millennials»,
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revendiquent le maintien d’un équilibre entre la vie professionnelle et personnelle, ainsi qu’une
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flexibilité dans les horaires et les modalités de travail. Des attentes auxquelles leurs aînés, parfois
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décontenancés, doivent s’adapter, à l’instar de Pierre Beaudry, directeur d'une agence de design et
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d’innovation: «Pour un appel d’offres aux délais très courts, je dois prendre un freelance, parce
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qu’en interne2 je ne trouverai personne qui m’accordera plusieurs heures en plus chaque soir et je
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ne veux pas forcer la main3», raconte-t-il avant d’ajouter: «Mes jeunes salariés ne sont pas moins
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efficaces, mais ils ne se laissent pas embarquer par les exigences du client. Ils établissent des
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priorités».
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Une distanciation interprétée comme un manque d’investissement par certains employeurs, surtout
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quand l’ambiance de travail est mise à mal, comme dans l’équipe où travaille Julie Ragueneau.
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Cette avocate regrette de ne pas partager de repas avec ses plus jeunes collaborateurs : «Lorsqu’on
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propose, ils disent qu’ils ne veulent pas parler travail pendant le déjeuner», dit-elle, une pointe de
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déception dans la voix. «Pourtant, on parle de nos week-ends et de nos vacances.»
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Tandis que pour ces jeunes diplômés, la place du travail, auparavant centrale, s’efface au profit
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d'autres aspects, les plus anciens y voient parfois l’expression d’une fainéantise. Entre
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incompréhension et frustration, le fossé entre les générations se creuse. «Ils ne peuvent pas se
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permettre de te dire que tu es fainéante parce que tu pars à l’horaire prévu dans ton contrat pour
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mener à bien tous tes projets», s’insurge Alice, 23 ans, actuellement en stage dans un cabinet
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d’avocats. Hors de question de répéter le même schéma que les parents ou les grands-parents.
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« Je les ai vus courber l’échine4 et donner des années de leur vie pour se faire virer à 40 ans.
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Pourquoi avoir accepté tous ces sacrifices?», s’interroge cette étudiante, désillusionnée par le
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marché du travail: «Notre génération sait que l’entreprise se séparera de nous sans problème.
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Alors, à quoi bon? À quoi bon partir à 20 heures pour faire bien devant son patron? Toutes ces
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règles tacites, c’est non».
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Surtout lorsque les perspectives d’évolution en entreprise, et le stress qui va avec, ne font plus rêver.
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Faire ses preuves pour espérer gravir les échelons et voir son salaire augmenter pour plus de
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responsabilités? Très peu pour eux. Thomas Godey, directeur général d’un cabinet d'avocats, se
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souvient de cette jeune collaboratrice qui, quand il lui a proposé de monter en grade, a préféré quitter
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l’entreprise. «Le statut social ne les intéresse pas, la plupart du temps, ça fait flop», regrette-t-il.
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Pour cet avocat âgé de 45 ans, les jeunes font preuve de «pragmatisme» en se demandant ce qui
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est le mieux pour eux. Dans cette optique, un tiers des trentenaires de son cabinet ont souhaité
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continuer à travailler pour lui depuis une autre région, voire un autre pays, et lui ont fait des
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demandes motivées. «Ils présentaient leurs projets avec des powerpoints. On a souri et on a
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accepté parce qu’il fallait suivre le mouvement », raconte Thomas Godey, encore amusé. «Il y a
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vingt ans, l’entreprise décidait et le demandeur s’ajustait. Aujourd'hui, c’est l’inverse, l’entreprise
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s’adapte aux exigences des demandeurs», analyse Audrey Chapot.
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Se délocaliser, ajuster ses jours de télétravail, partir plus tôt... Avec ces demandes, la vie per-
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sonnelle s’invite dans l’entreprise. «Cette génération nous parle», confirme Thomas Godey,
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heureux de cette transparence. […]
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Particulièrement soucieuses de l’impact de l’entreprise sur leur bien-être, la génération Z et celle
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des «millenials» n’hésitent pas non plus à imposer leurs conditions, notamment sur la question des
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contrats. À l’image de Nesrine Rououissi, 25 ans, qui a signé son premier CD5 il y a une semaine,
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elle qui avait auparavant refusé. Après trois ans dans la même entreprise de logistique, elle a
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finalement dit oui, contentée par les négociations sur le salaire et la possibilité de partir quand elle
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le souhaite avec une rupture conventionnelle6, dans «maximum trois ans». «En restant dans la
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même boîte, on n’apprend pas assez et on ne peut pas avancer dans la vie. Et puis il y a l’ennui, la
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routine...», explique-t-elle. «Les jeunes n’ont pas de scrupules à quitter rapidement un emploi si
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d’emblée il ne les satisfait pas. C’est ça ou c’est rien», abonde l’anthropologue Audrey Chapot.
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C’est aussi ce que confirme le rapport People at Work 2022: l’étude Workforce View, qui indique
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que «72 % des salariés âgés de 18-34 ans ont envisagé de changer radicalement de carrière au
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cours de l’année écoulée».
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Et ce, parfois au détriment des entreprises: «Ils disent oui et le matin annulent parce qu’ils ont
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trouvé une meilleure offre», explique, las[se], Karine, directrice d’une agence d'intérim7. Désormais,
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pour éviter ces désagréments, elle préfère se tourner vers des personnes en reconversion8.
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Cette volatilité, ainsi que leurs nouvelles attentes, peuvent notamment attiser la jalousie des aînés, d’où
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l'importance de veiller à une équité entre les salariés, selon Laurence Breton-Kueny (ANDRH): «Il
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faut réussir à individualiser le traitement tout en restant dans le collectif, avec une pyramide des
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âges diversifiés. Surtout, nous devons nous demander comment ces générations peuvent se
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compléter».

Leslie Larcher, « Je ne me tuerai pas à la tâche : l’entreprise, nouveau théâtre des conflits générationnels », L’Express, 16/05/2022

Annotations

1 génération Z (n. f.)

génération des personnes nées dans les années 1990 ou 2000

2 en interne

ici: parmi les employés de l’agence

3 forcer la main

obliger qn à faire qc

4 l’échine (n. f.)

ici: le dos

5 CDI:

contrat à durée indéterminée

6 rupture conventionnelle (n. f.)

dt. Aufhebungsvertrag (einvernehmliche Lösung zur Beendigung eines Arbeitsverhältnisses)

7 agence d’intérim (n. f.)

dt. Zeitarbeitsfirma

8 reconversion (n. f.)

dt. berufliche Neuorientierung

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