Thema A
Présente brièvement les personnages ainsi que la situation décrite dans cette scène.
Analyse la relation qu’entretiennent les deux frères à la littérature en étudiant aussi la langue employée.
Choisis l’un des sujets suivants:
« La littérature est parfaitement inutile: sa seule utilité est qu’elle aide à vivre. » Commente cette affirmation de Claude Roy, écrivain français (1915-1997), en te référant au rôle que jouent les arts (littérature, musique, cinéma, etc.) dans ta vie.
ou
Une fois rentré chez lui, Paul, furieux, a raconté la scène à sa femme. Celle-ci, contre toute attente, prend la défense de son beau-frère. Rédige son plaidoyer.
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monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?David Ramolet, Les Ombres de Craonne (2009)
Simon, un petit fonctionnaire qui, avec l’accord et le soutien de sa femme, a démissionné pour
pouvoir se consacrer à l’écriture, reçoit la visite de Paul, son frère, un haut fonctionnaire à la
brillante carrière.
907 mots
David Ramolet, Les Ombres de Craonne, In Octavo éditions, 2009, pp. 35-38
1 Émile Zola (1840-1902) – auteur naturaliste et journaliste français
2 benêt (n.m.) – idiot
3 artiste maudit (n.m.) – nom donné, surtout au XIXe siècle, aux artistes qui se sentaient incompris par la société de leur temps
4 Tu nous fais une petite dépression (fam.) – Tu as une petite dépression.
5 psy (n.m.) – abréviation pour « psychiatre »
6 pétrin (n.m.) (fig.) – situation embarrassante
7 modérateur (n.m.) – quelque chose qui calme
8 câlin, e – doux
9 crever (fam.) – mourir
10 Les Confessions d’un affabulateur – premier roman publié par Simon
11 à chier (vulg.) – zum Kotzen
12 cul-de-jatte (n.m) – beinloser Krüppel
13 emmerder (vulg.) – énerver
14 mièvrerie (n.f.) – etwas Belangloses
15 Art’tifice – néologisme composé de « art » et « artifice »
16 pomper l’air à qn (fam.) – irriter, énerver
17 en avoir sa claque (fam.) – en avoir assez
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monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?Les personnages
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Simon
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marié à Claire qui l’aime aveuglément
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ancien fonctionnaire plutôt insignifiant
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a démissionné de son poste pour se vouer à l’écriture
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reçoit la visite de son frère Paul
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Paul
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haut fonctionnaire ayant réussi qui a récemment rendu visite à leur mère
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ne lit pas de littérature
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le déroulement de la scène
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Paul reproche à son frère d’avoir démissionné et lui recommande de revenir sur sa décision
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il lui propose de le mettre en rapport avec un psychiatre
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prétend savoir ce qui est le mieux pour son frère
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la discussion vire à la dispute
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Simon refuse la proposition et l’attitude paternaliste de son frère qui ignore ses véritables besoins
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veut continuer à écrire, encouragé par Claire
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Paul, furieux, quitte l’appartement en claquant la porte
Aspects possibles
Paul
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n’aime probablement pas la littérature : « tu sais bien que je ne lis pas » (l. 46)
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ne possède que quelques rudiments : connaît Zola de nom (l. 9), le terme « artistes maudits » (l. 14)
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porte sur les écrivains un regard caricatural : « reste enfermé […] à fumer et boire » (l. 13)
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considère l’écriture comme un simple « passe-temps » (l. 10) qu’on peut pratiquer pendant ses loisirs (l. 10-11) et pas comme un véritable métier
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reproche à son frère de ne jouer qu’un rôle : « en jouant les artistes maudits » (l. 13-14)
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estime que la littérature est « une illusion » (l. 6), « art’tifice » (l. 49) et sans valeur véritable : « mièvrerie, art mineur » (vocabulaire dépréciatif, l. 49)
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juge que la littérature
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détache du réel : « Ta vie n’est pas la vie » (l. 21), il devrait « revenir à la terre ferme » (métaphore, l. 17-18)
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menace toute carrière : métaphore de « la terre ferme » (l. 17-18) opposée à celle des « sables mouvants » (l. 3)
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est incompatible avec une vie bourgeoise et rangée : « Tu es en train de tout rater » (réprimande, allitération, l. 15)
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pense que s’y consacrer ne saurait être que le résultat d’une maladie : « Tu nous fais une petite dépression » (l. 18) relevant d’un traitement psychiatrique (l. 18-20)
→ Paul est absolument sûr de lui et parle à son frère avec dédain.
Simon répond que
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l’écriture, véritable passion,
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est un don précieux qui l’accompagne depuis son enfance : « J’invente des poésies […] depuis l’âge de sept ans » (l. 27-28)
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est pour lui comme une amante : « violente, limpide, câline » (langage poétique, champ lexical de la femme amoureuse, personnification, expression concise et assonance, l. 32-33)
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la littérature
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est source d’équilibre / un régulateur : « ces quatrains et cette modeste prose m’équilibraient de manière formidable » (l. 28-29) ; « mon modérateur » (l. 31) ; « tous mes bouleversements […] s’apaisaient » (l. 29-30)
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est un exutoire : « Tous mes bouleversements et mes coups […] couchés sur le papier » (métonymie, l. 29-30) ; « soupape de sécurité » (métaphore, l. 31)
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n’est donc pas le fruit d’une maladie mentale mais sert de remède : « anti-dépresseur » (l. 31-32) et l’aide à assumer les difficultés de la vie
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a une dimension vitale : « mon oxygène » (l. 31) ; « j’écris comme je respire » (l. 33) (métaphore filée) ; « si un jour, j’arrête, je meurs. » (hyperbole, l. 58-59)
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est sa vraie vie : « Ma vie t’échappe […] ce qu’elle représente » (l. 47-48)
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→ Simon, très calme au début, parle de plus en plus et, à la fin, s’emporte.
c’est pourquoi il
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consacre à l’écriture un travail immense : « mille deux cents heures de travail… Je t’ai filé mille deux cents heures de travail ! » (répétition, l. 44-45) afin « d’arriver […] à quelque chose » (l. 57-58) de qualité (litote)
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ne se soucie pas des retombées matérielles mais aimerait quand même que ses œuvres soient lues et mises en valeur : « j’avais seulement envie que mes proches y jettent un œil » (l. 37-38)
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rejette violemment les critiques des incultes qui ne comprennent pas le rôle que l’écriture joue pour lui : « pas un, tu m’entends, pas un » (répétition, l. 38)
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répond à son frère avec un langage familier et vulgaire : « carrément à chier » (l. 39) ; « m’emmerde pas avec tes conseils sous-culturels » (l. 47) ; « tu me pompes l’air » (l. 50) ; « j’en ai plus que ma claque » (l. 51) ; « comme si j’avais offert un vélo à un cul-de-jatte » l. 41)
Aspects possibles
affirmation
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contradiction mettant l’accent sur l’opinion erronée et pourtant assez répandue que la littérature ne servirait à rien (elle n’est pas productive et permet seulement à quelques personnes de gagner leur vie)
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idée d’utilité évoquée dans cette citation ne reposant que sur des considérations matérielles (argent, succès, gloire, fortune)
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idée d’utilité souvent négligée : celle du bien-être que peut susciter la littérature
→ Cette idée peut être étendue à plusieurs domaines de l’art souvent dénigrés comme inutiles.
rôle des arts
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plaisir actif
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trouver son propre mode d’expression
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prendre ses distances vis-à-vis de l’immédiateté
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découvrir sa personnalité
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être actif / active (danse)
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faire des activités ensemble (sentiment d’appartenance à un groupe)
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faire plaisir aux autres (représentations, spectacles)
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créer une œuvre (compensation du quotidien scolaire très théorique)
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plaisir passif
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se faire plaisir
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se divertir
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s’évader (fuite de la réalité)
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communiquer avec des gens cultivés et intelligents d’autres époques
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faire découvrir la beauté, même dans la trivialité du réel
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apprendre des choses nouvelles
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passer le temps (littérature, concert, théâtre)
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admirer des talents
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découvrir de nouveaux personnages, des lieux, …
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se motiver (musique, rythme, chant, paroles) durant certaines activités (par ex. sport)
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trouver de l’inspiration
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Aspects possibles
la femme de Paul
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comprend Simon et
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son rejet d’une vie bourgeoise rangée
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son amour pour la littérature
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la fonction que la littérature joue pour lui
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son désir de changement après 20 ans de labeur
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admire Simon pour
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son goût
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sa créativité
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son courage
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son attitude de libre penseur
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la bonne relation qu’il entretient avec sa femme
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critique Paul pour
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son arrogance
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sa conviction d’être toujours le meilleur
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son besoin de donner sans cesse des conseils
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sa vision étroite concernant la littérature
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sa vie bourgeoise et rangée, ennuyeuse
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son matérialisme (importance de l’argent et du succès)
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