Thema B
Présente Elom 20ce.
Explique ce qui a engendré chez Elom 20ce la haine envers la France.
Choisis l’un des sujets suivants:
« Que signifient les racines quand aucun sol ne nous tolère ? » Commente cette pensée de l’écrivaine française Karine Tuil en te référant aussi à un pays francophone de ton choix.
ou
Elom 20ce écrit ses chansons en français en dépit de sa « haine » pour la France. À plusieurs de ses fans qui s’en sont étonnés, il explique son choix dans une lettre publiée sur son site officiel. Rédige ce texte.
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monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?Elom 20ce : « La France nous a vendu sa civilisation en rabaissant nos cultures africaines »
810 mots
Coumba Kane, « La France nous a vendu sa civilisation en rabaissant nos cultures africaines », In : Le Monde, 26 décembre 2021
1 griot (n.m.) – en Afrique : membre d’une caste de poètes musiciens
2 panafricanisme (n.m.) – doctrine qui encourage l’unité et la solidarité africaines
3 bradage (n.m.) – action de vendre à un prix inférieur à sa valeur réelle
4 Lomé – capitale du Togo
5 potentat (n.m.) – homme qui a la souveraineté absolue dans un grand État
6 adouber – ici : reconnaître la légitimité du nouveau président bien qu’il n’ait pas été élu démocratiquement
7 Idriss Déby – ancien président qui a régné au Tchad de 1990 à 2021
8 afrodescendant (n.m.) – personne d’origine africaine
9 lusophone – portugiesischsprachig
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monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?Elom 20ce
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Elom Kossi Winceslas (nom de scène : Elom 20ce)
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Togolais
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artiste
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âgé de 40 ans
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a été un élève indiscipliné
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a souffert de l’école (lieu d’oppression et de répression)
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est partisan du panafricanisme
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critique les dirigeants de son pays
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est auteur et interprète de chansons engagées
Aspects possibles
son expérience de l’école dans laquelle
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seule la langue française était autorisée : « on m’a imposé l’apprentissage du français » (l. 6) ; « Parler ma langue maternelle à l’école était proscrit » (l. 7)
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le climat scolaire était mauvais : « climat de terreur » (l. 7) ; « J’en garde un souvenir traumatisant » (l. 12)
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il subissait des sanctions sévères : « Braver l’interdit, c’était s’exposer à l’humiliation et aux coups » (l. 7-8) ; « le maître d’école nous frappait » (l. 12-13)
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les humiliations étaient fréquentes : « le maître lui infligeait le port d’un os en collier autour du cou » (l. 9) ; « symbole d’infamie » (l. 10)
son rapport à la langue française qui
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n’avait aucun rapport avec sa réalité : « Chanter ’Sur le pont d’Avignon’, ’Petit Papa Noël’ m’a fait entrer dans un imaginaire déconnecté de mon monde » (l. 15-16)
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le séparait de ses racines africaines : « une langue qui n’était pas la nôtre » (l. 13-14)
l’image dégradée de la France en Afrique en raison
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de la prétendue supériorité de la civilisation française : « La France nous a vendu sa civilisation comme un idéal à atteindre » (l. 20-21)
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de l’impact de la culture française sur les traditions africaines : « en rabaissant nos cultures africaines » (l. 21)
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de la violence de la colonisation : « [la France] a conquis, massacré, violenté des peuples » (l. 38-39)
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de l’omniprésence des structures de l’école coloniale française : « Même soixante-deux ans après les indépendances, pour réussir socialement, il faut toujours passer par l’école française » (l. 23-24)
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de l’existence du néocolonialisme : « cet esprit colonialiste et condescendant se perpétue sur certaines chaînes de télévision françaises » (l. 41-42)
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de la discrimination subie par les Africains : « racisme » (l. 43)
les élites africaines qui
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ont été instruites par les colonisateurs : « formées à l’école occidentale » (l. 48)
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jouissent d’une position sociale élevée : « qui mènent la grande vie » (l. 35)
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ont perdu tout rapport avec leurs origines : « ont été coupées d’elles-mêmes, déracinées » (l. 48-49)
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affichent une position anti-africaine : « ont développé une haine de leur peuple » (l. 48)
la France actuelle
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où la plupart des Africains ne peuvent pas continuer leurs études : « on trouve porte close » (l. 25)
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qui n’ouvre ses portes qu’aux plus riches : « Seule une poignée d’étudiants africains, souvent les plus fortunés, y parviennent » (l. 26)
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dont le président soutient les élites africaines corrompues : « Quand Emmanuel Macron adoube le fils d’Idriss Déby, cela heurte tous les Africains » (l. 40)
Aspects possibles
image botanique
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métaphore des racines
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source de stabilité, de vie
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métaphore du sol
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source d’énergie, de substances nutritives dont se nourrit la plante
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protection (la terre permet à la plante de s’y accrocher)
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écosystème complexe et souvent invisible
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racines dépendantes du sol
référence à la culture en tant qu’ensemble de représentations mentales
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partagées par une communauté
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nécessaires au développement individuel et identitaire
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connotées positivement par le renvoi à l’« authenticité » plus grande suggérée par le lien à la terre
transfert de cette image à la société
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« sol », le terrain fertile, pouvant représenter la société, le pays, la nation
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« tolérer » connotation négative dans le contexte de la colonisation (connotation favorable : « soutenir », « accepter », « accueillir », …)
→ problèmes résultant de la colonisation
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se retrouver isolé(e) / seul(e) :
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dilemme existentiel : l’identité profonde n’est pas reconnue ou valorisée par son environnement → problème de trouver sa place dans la société
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impossibilité et interdiction de vivre sa culture
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se sentir mal accueilli(e) / mal compris(e) : défi, voire incapacité de la société
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d’offrir un terrain fertile pour que tous ses membres puissent s’épanouir (sentiment de l’appartenance)
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d’intégrer quiconque (inclusion sociale)
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de valoriser les mérites (manque de reconnaissance)
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de respecter des coutumes et mœurs différentes (manque de compréhension)
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référence à un pays francophone
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nombreux sont les pays francophones qui disposent d’un héritage colonial et qui subissent (encore aujourd’hui) les conséquences de ce passé :
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conquêtes coloniales (par ex. en Algérie en 1830, l’Indochine entre 1860 et 1880, la Tunisie en 1881)
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concurrence de différentes cultures (par ex. les cultures africaines et européennes)
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mise en place de structures favorables aux colonisateurs (par ex. les colonies de peuplement et les colonies d’exploitation, travail forcé pour développer les infrastructures)
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remplacement des valeurs indigènes par celles des Européens (par ex. christianisme au lieu des religions indigènes)
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interdiction de vivre selon les traditions (par ex. en instaurant les écoles françaises dans les colonies africaines)
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indépendance des pays africains à partir des années 1950 (par ex. le Maroc en 1956, le Congo, le Togo et autres en 1960, l’Algérie en 1962)
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néocolonialisme (= nouvelle forme du colonialisme)
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minorités francophones, par ex. les Arabes francophones issus de l’Algérie, les Harkis, …
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…
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Aspects possibles
refus d’écrire seulement dans les langues nationales du Togo
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problème de l’écho : ces deux langues sont comprises et parlées par des gens qui n’ont pas besoin d’être convaincus des méfaits de la colonisation
défense de son choix d’utiliser la langue française
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français = langue officielle au Togo (comme dans beaucoup de pays d’Afrique noire)
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distinction entre la France comme système politique d’oppression (haïe) et la culture française (généralement plus appréciée)
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reconnaissance que le français et aussi l’époque coloniale font partie intégrante de son identité comme de celle de beaucoup d’Africains
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avantage du français : langue
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comprise et parlée par plus de 300 millions de personnes
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permettant de s’adresser à d’autres personnes de l’Afrique noire ayant souffert de la colonisation : écho plus grand de la protestation formulée par Elom 20ce
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utilisée dans une culture dans laquelle les questions d’émancipation sont fondamentales depuis les Lumières
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rendant possible de confronter les Français (blancs) avec leur propre histoire
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pouvant leur faire percevoir l’ambiguïté entre les valeurs universalistes proclamées et les réalités de la colonisation
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combinaison possible du français et des traditions locales
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prise de parti pour un dialogue interculturel
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appel à un mélange des styles musicaux (du jazz au rap)
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désir d’allier la littérarité du français et la tradition orale africaine