Vorschlag B1
Protection de l’environnement
Aufgaben
Der vorliegende Vorschlag enthält in Aufgabe 3 alternative Arbeitsanweisungen.
Présente ce que Jean reproche à l’industrie agro-alimentaire. (Material)
Fais le portrait de Jean en te référant aussi aux procédés d’écriture utilisés par l’auteur. (Material)
Au choix :
Mobilité ou enracinement – qu’est-ce qui est plus important au XXIe siècle ?
Prenne position et justifie ton opinion.
ou
Sur le chemin du retour vers Paris, Édouard repense au projet d’autoroute dont Jean lui a parlé et il réfléchit à ce qu’il peut faire pour empêcher ce projet.
Rédige son monologue intérieur.
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monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?Serge Joncour : Nature humaine (roman, 2020)
Jean est fermier dans une région isolée du sud-ouest de la France. Édouard, le patron d’une
agence de publicité à Paris pour laquelle la fille de Jean travaille, est venu à la ferme de Jean
afin de prendre des photos pour une campagne de publicité pour du jambon blanc.
(898 Wörter)
Serge Joncour: Nature humaine. Paris: Flammarion, 2020, S. 253–257.
1 se diluer – dt. hier: sich verfärben
2 gagner – dt. hier: sich erstrecken über
3 louche – suspect,e
4 être gavé,e de – dt. hier: vollgepumpt sein mit
5 l’élevage m – dt.: die Viehzucht
6 Mammouth, Euromarché – noms de chaînes d’hypermarchés
7 la Nièvre – un département situé dans le centre de la France
8 la charolaise – une race de vache
9 flancher – faiblir
10 le lierre – dt.: das Efeu
11 la bougeotte – fam. le besoin de bouger
12 foutre – fam. ici : mettre
13 le schéma directeur – dt.: der Bebauungsplan
14 la Rauze – nom d’une rivière
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monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?Artificialisation des aliments
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Jean critique le jambon industriel utilisé par Édouard.
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couleur rose non naturelle
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longue conservation dans du plastique
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présence supposée de :
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nitrates
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colorants
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arômes
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contradiction entre l’image d’un produit « simple » et sa fabrication industrielle complexe
→ critique d’une alimentation artificielle et transformée.
Disparition des structures locales
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fermeture progressive des petites boucheries
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développement des grandes surfaces
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conséquence :
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recul du commerce local
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éloignement entre producteurs et consommateurs
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Manque de transparence
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consommateurs regardent surtout le prix
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ils s’interrogent de moins en moins sur l’origine de la viande
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origine des animaux et des produits devient difficile à retracer
→ perte du lien entre produit, producteur et territoire.
Mondialisation absurde de la production
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animaux transportés sur de longues distances
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bétail élevé ou engraissé dans plusieurs pays
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alimentation animale importée d’Amérique du Sud
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viande congelée transportée par avion
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un steak peut parcourir des milliers de kilomètres avant d’être consommé
Conséquences écologiques
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transports inutiles
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multiplication des camions, avions et infrastructures
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consommation et production ne sont plus locales
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industrie agro-alimentaire participe ainsi à un système nuisible à l’environnement
Conclusion attendue
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Jean rejette donc une industrie :
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artificielle
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mondialisée
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opaque
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dépendante des transports
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destructrice des structures locales et de l’environnement.
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I. Un homme profondément enraciné dans son territoire
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agriculteur
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vit dans cette région depuis toujours
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connaît précisément :
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les arbres
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les prés
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les animaux
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son jardin
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observe même l’état individuel des arbres
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se considère comme responsable de cet écosystème
→ rapport extrêmement personnel à la nature.
Procédé :
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longue énumération des éléments naturels
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accumulation :
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« ces arbres »
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« ces bêtes »
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« ces prés »
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« ce jardin »
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« ces chiens »
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crée l’impression que tout son univers est lié à ce lieu.
Seine starke Verwurzelung wird besonders deutlich, als er erklärt, dass er jeden Baum kennt und sich für die gesamte Umgebung verantwortlich fühlt.
II. Un homme responsable et protecteur
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ne considère pas la ferme simplement comme un métier
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se sent indispensable à son environnement
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estime qu’il doit protéger :
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la nature
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ses animaux
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son territoire
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Métaphore :
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« Ce monde-là, c’est moi qui le porte. »
→ Jean se présente presque comme le gardien de cet univers.
III. Un adversaire de la mondialisation et de la mobilité permanente
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refuse l’idée selon laquelle « bouger » représente automatiquement le progrès
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préfère :
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stabilité
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proximité
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connaissance d’un lieu
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responsabilité locale
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critique les déplacements incessants :
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animaux
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nourriture
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appareils électroniques
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marchandises
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→ vision opposée à celle d’Édouard.
IV. Direct, franc et provocateur
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ne cherche pas à rester poli
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exprime spontanément ses émotions
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peut devenir agressif verbalement
Procédés :
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registre familier :
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« conneries »
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« bon Dieu »
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« foutre »
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syntaxe orale
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nombreuses phrases courtes
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répétitions
Exemple central :
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répétition de « bouger »
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montre son irritation envers le discours d’Édouard.
V. Un personnage passionné et émotionnel
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réaction très forte lorsque la conversation porte sur la mobilité
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ne développe pas une argumentation froide ou théorique
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parle à partir de son expérience personnelle
Procédés :
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exclamations
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interrogations rhétoriques
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répétitions
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rythme de plus en plus rapide
→ reflètent sa colère et son inquiétude.
VI. Critique mais également capable d’humour
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exemple du chien sourd :
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Jean affirme que le chien a l’avantage de ne pas entendre les « conneries » d’Édouard
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→ ironie / humour
→ permet de ridiculiser l’argument de son interlocuteur.
Der Streit verschärft sich genau an dieser Stelle durch Umgangssprache, Wiederholungen und Jeans provokanten Humor.
VII. Un homme inquiet face à la modernisation
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autoroute = symbole concret des conséquences du modèle qu’il critique
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craint :
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destruction du paysage
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multiplication des camions
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menace pour sa ferme
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perte de son mode de vie
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Conclusion
Jean apparaît ainsi comme :
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enraciné
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proche de la nature
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protecteur
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authentique
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critique envers la mondialisation
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mais également :
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impulsif
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catégorique
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parfois agressif.
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Les procédés d’écriture rendent son portrait particulièrement vivant et donnent l’impression d’entendre un véritable agriculteur défendre son monde.
Mobilité ou enracinement : faut-il vraiment choisir ?
Au XXIe siècle, la mobilité semble être devenue une évidence. Nous voyageons pour étudier, pour travailler ou simplement pour découvrir le monde. Dans une société mondialisée, rester toute sa vie au même endroit peut presque paraître dépassé. Pourtant, plus notre monde devient mobile, plus la question de l’enracinement me semble importante.
Il est évident que la mobilité présente de nombreux avantages. Voyager ou vivre à l’étranger permet tout d’abord de découvrir d’autres cultures et d’autres façons de penser. Une personne qui quitte son environnement habituel doit apprendre à s’adapter et devient souvent plus autonome. La mobilité peut également être indispensable sur le plan professionnel. Dans certains domaines, les meilleures formations ou possibilités d’emploi ne se trouvent pas nécessairement dans sa région d’origine.
De plus, les échanges internationaux sont essentiels dans un monde confronté à des problèmes globaux. Le changement climatique, les crises économiques ou les conflits internationaux ne peuvent pas être résolus uniquement au niveau local. Il est donc important de rencontrer d’autres personnes, d’échanger des connaissances et de dépasser les frontières nationales.
Cependant, être constamment mobile comporte aussi des risques. Si l’on considère chaque lieu comme provisoire, il devient plus difficile de développer un véritable sentiment d’appartenance. Or, l’enracinement peut donner de la stabilité. Avoir une famille, des amis ou une communauté sur lesquels on peut compter est particulièrement précieux dans une époque caractérisée par de nombreux changements.
L’enracinement peut également créer un sentiment de responsabilité. Celui qui connaît un lieu depuis longtemps est souvent davantage conscient de son évolution et de ses problèmes. Dans Nature humaine, Jean représente précisément cette idée : il connaît ses terres, ses animaux et ses arbres et se sent responsable de leur protection. Même si sa critique de toute forme de mobilité est excessive, elle rappelle qu’un territoire ne peut pas uniquement être considéré comme un espace que l’on traverse.
À mon avis, la mobilité est donc nécessaire au XXIe siècle, mais elle ne devrait pas devenir une valeur en soi. Bouger simplement parce que notre société nous dit qu’il faut toujours aller plus loin, travailler ailleurs ou consommer des produits venus du monde entier n’est pas forcément un progrès.
L’idéal serait plutôt de combiner les deux : être assez mobile pour découvrir le monde, mais assez enraciné pour savoir où l’on appartient et envers qui ou quoi on se sent responsable. La véritable liberté ne consiste donc pas à bouger sans cesse, mais à pouvoir choisir quand partir et quand rester.
Monologue intérieur
Paris. Encore des kilomètres avant Paris. Et moi qui lui répétais : il faut bouger, il faut s’ouvrir au monde… Comme si c’était aussi simple.
Je n’arrive pas à oublier cette vallée. Ces arbres. Le silence. Et maintenant j’imagine un viaduc au milieu de tout ça. Dix mille véhicules par jour. Six mille camions… Jean avait raison sur un point: je n’y avais jamais pensé.
Combien d’autoroutes ai-je prises dans ma vie sans jamais me demander ce qu’il y avait là avant ? Une ferme ? Une forêt ? Une maison ? Des gens qui vivaient là depuis des générations ?
Et moi, avec mes belles phrases sur la mondialisation… Quelle arrogance.
Mais qu’est-ce que je peux faire maintenant ? Continuer jusqu’à Paris et reprendre ma vie comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu ? Non. Impossible.
Je dois d’abord me renseigner. Voir exactement où en est ce projet. Est-ce qu’il est déjà décidé ? Y a-t-il une enquête publique ? Des associations qui s’y opposent ? Jean connaît sa terre, mais moi, je connais la communication. C’est mon métier, après tout.
Une campagne… Oui, pourquoi pas ? Pas pour vendre du jambon cette fois. Pour montrer cette vallée. Montrer ce qui risque de disparaître. Des photos, des témoignages, peut-être des vidéos… Si les gens voient ce que signifie réellement cette autoroute, ils réfléchiront peut-être autrement.
Je pourrais aussi contacter des journalistes. Parler à des associations écologistes. Et puis il y a la fille de Jean. Elle pourrait m’aider à le convaincre de ne pas rester seul dans son coin à râler contre le monde.
Quelle ironie… Ce matin, je voulais simplement photographier un jambon. Maintenant, je réfléchis à une campagne contre une autoroute.
Mais peut-être que Jean m’a appris quelque chose aujourd’hui : bouger n’est pas toujours avancer.
Je vais l’appeler demain.
Non.
Pourquoi attendre demain ?