Lerninhalte in Französisch
Inhaltsverzeichnis

Partie A

1.
Présente brièvement le narrateur et sa situation.
(compréhension) (8 Punkte)
2.
Caractérise Thomas ainsi que le comportement des autres envers lui.
(analyse) (20 Punkte)
3.
Au choix :
3.1
Faire des études d'art en tant qu'étudiant aveugle ? Pèse le pour et le contre d'un tel projet.
(commentaire) (14 Punkte)
ou :
3.2
Ce jour-là, Thomas se réjouit beaucoup d'avoir son premier chien d'aveugle. Il imagine comment ce chien va changer sa vie et l'attitude des autres. Rédige les propos de Thomas sous forme de monologue intérieur.
(produktiv-gestaltende Teilaufgabe) (14 Punkte)

Marie Bouvier
Sombre dessin

Thomas raconte :
[...]
1
Je vis dans l’ombre depuis ma naissance. Je ne suis pas un martyr, loin de là, je dis juste ce
2
qui est : cela ne peut pas être ma faute si ce qui est est. C’est ainsi. Personne n’y peut rien :
3
je suis né comme cela.
[...]
4
Dans la vie, je suis étudiant en art. Disons que c’est légèrement compliqué : j’ai quelques cours
5
spéciaux afin de faciliter au maximum mon apprentissage. Ici comme ailleurs, tout est plus
6
complexe pour moi que pour les autres. Cela a toujours été ainsi, et ça ne va probablement pas
7
changer : au bout de presque vingt ans maintenant, je m’y suis fait.
8
Même si je fais semblant d’avoir l’air sympathique pendant que je suis à la faculté, en cours
9
comme à la cantine, où je reste rarement plus d’une demi-heure, je sens parfois des regards
10
hostiles. Je ne sais si c’est parce qu’ils sont jaloux de mon talent exceptionnel – et je dis « talent
11
exceptionnel » à juste titre, pas par vanité – ou pour une autre raison, mais je fais comme si
12
je ne les voyais pas, ce qui est finalement le cas, à bien y réfléchir.
13
Aujourd’hui est un jour très important. Pour deux raisons. La première – et pas nécessairement
14
la plus essentielle – est que je vais avoir les résultats que j’attends depuis des mois. Ces
15
résultats, c’est le symbole de toute ma vie. Il faut qu’ils soient bons sinon on ne me remarquera
16
jamais et je ne pourrai échapper à cette obscurité qui chaque jour m’entoure. J’ai mis tant de
17
moi-même dans mon travail qu’il me semble maintenant impossible d’échouer à accomplir
18
mon rêve.
19
La lettre est arrivée ce matin. C’est la concierge qui est venue gentiment me l’apporter dès
20
qu’elle a vu le facteur : elle sait que je l’attends impatiemment. J’ai l’enveloppe entre mes
21
mains mais je n’ose pas l’ouvrir. Pourtant, son contenu se retrouve vite sur la table. En
22
décryptant le message, je saute de ma chaise et pousse un cri, manquant trébucher sur un
23
objet non identifié au sol, ivre de joie. J’ai réussi. J’ai gagné le concours de peinture que j’ai
24
mis une année entière à préparer – ou peut-être toute une vie, en fin de compte – et auquel
25
j’ai participé il y a exactement cinq mois, deux semaines et quatre jours.
[...]
26
J’ai toujours eu envie de devenir peintre. Petit déjà, je rêvais de toiles pleines de couleurs
27
diverses et inconnues. Au fil des conversations des adultes sur ce qu’est la peinture, j’ai inventé
28
ce monde ; mon imagination m’a montré des toiles que personne n’a jamais vues, auxquelles
29
personne n’a jamais songé.
[...]
30
Ainsi, à dix-huit ans, après de nombreuses discussions avec le directeur d’une faculté d’art à
31
Paris, je suis entré dans cette école dont j’avais tant rêvé.
32
Des professeurs m’ont pris sous leurs ailes et d’autres, considérant que je n’avais rien à faire
33
dans cette école, m’ont tout simplement ignoré. Cette attitude leur a vite passé lorsqu’ils ont
34
vu mes premières œuvres.
[...]
35
Bien sûr, la toile qui m’a valu cette victoire est abstraite, cependant elle représente
36
parfaitement la vision que je me fais du monde et, d’une certaine façon, je pense que cela a
37
fait la différence avec les autres œuvres.
38
La deuxième bonne nouvelle, aujourd’hui, est que je vais chercher un chien : mon premier
39
chien d’aveugle.
(557 mots)
Aus: Marie Bouvier: Sombre dessin (2013). Stuttgart: Ernst Klett Sprachen 2017, S. 8-12 (Auszug)
Waterloo: Renaissance du livre 2014, S. 36-38