LS 1
Présente la situation de Balla et le déroulement du dialogue. (compréhension)
Explique le comportement de Balla face au psychologue et les conséquences pour le déroulement du dialogue. (analyse)
Au choix:
Quitter son pays et s’adapter à une autre culture est une situation difficile. Discute les chances et défis en te basant également sur tes connaissances acquises en cours. (commentaire)
ou:
Le soir, le psychologue réfléchit à sa conversation avec Balla, à sa stratégie habituelle et aux reproches faits par l’enfant. Il en tire des conclusions pour les prochaines séances. Rédige ses idées sous forme de monologue. (produktiv-gestaltende Teilaufgabe)
Weiter lernen mit SchulLV-PLUS!
monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?Balla Fofana
La Prophétie de Dali (2023)
Balla, six ans, un jeune Africain du Mali, vit avec sa mère et ses cinq frères en région parisienne.
Balla ne sait pas où est son père qui a quitté la famille au Mali. Comme il a des problèmes à l’école, Balla va chez un psychologue qu’il appelle « Cyclope1» (parce qu’il ne sait pas prononcer le mot français « psychologue »).
1 Cyclope – einäugige Figur aus der griechischen Mythologie
2 huître f – Auster
3 ça commence à bien faire – ça suffit
4 agacement m – Gereiztheit
5 Kayes – région/ville natale de Balla à l’ouest du Mali
6 avoir honte – sich schämen
7 reculer … en arrière – ici : … zurückweichen
8 gaillard m (fam) – Kerl
9 ancêtre m, f – Vorfahr, Ahne
Weiter lernen mit SchulLV-PLUS!
monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?La situation de Balla
-
Balla est un jeune garçon malien de six ans.
-
Il vit en région parisienne avec sa mère et ses cinq frères.
-
Son père a quitté la famille au Mali et Balla ne sait pas où il se trouve.
-
À cause de difficultés à l’école, il consulte le psychologue scolaire.
-
Il appelle le psychologue « Cyclope », car il ne sait pas prononcer le mot « psychologue ».
-
Le suivi dure depuis trois mois, mais du point de vue du psychologue, il n’y a pas de progrès.
-
Le psychologue souhaite que Balla parle de lui et de son histoire.
Le déroulement du dialogue
Un début difficile
-
Le dialogue commence de manière tendue et laborieuse.
-
Balla répond par des phrases très courtes et reste souvent silencieux.
-
Le psychologue montre son agacement face au manque de coopération.
-
Balla refuse de regarder le psychologue dans les yeux.
Explication des différences culturelles
-
Balla explique que, dans sa culture, un enfant ne regarde pas un adulte directement dans les yeux.
-
Il accuse le psychologue d’être impoli.
-
Il critique le fait que le psychologue pose des questions sans s’être présenté et prenne des notes sans demander son accord.
Changement d’attitude du psychologue
-
Le psychologue accepte les remarques de Balla.
-
Il se présente de nouveau et donne son nom et son origine bretonne.
-
Balla insiste sur l’importance de connaître les ancêtres et l’histoire d’une personne.
-
L’atmosphère se détend lors de l’échange sur l’origine du nom « Le Roux ».
-
Balla montre pour la première fois de la joie et de l’intérêt.
Nouvelle tentative de dialogue et blocage final
-
Le psychologue propose de raconter des histoires pour faciliter la communication.
-
Balla accepte et semble prêt à participer.
-
Lorsque le psychologue évoque le père de Balla, l’enfant se referme.
-
Il affirme qu’il ne peut rien dire, car il ne sait rien.
-
Le dialogue se termine donc sur un nouveau silence concernant le père absent.
Le comportement de Balla et ses causes culturelles / interculturelles
Refus de communication verbale et non verbale
-
Balla refuse d’abord de parler ou répond de manière très brève :
→ « Je n’ai rien à dire » (l. 8).
-
Le dialogue est marqué par plusieurs silences (l. 2, 10, 12).
-
Il refuse le contact visuel :
→ « Non » (l. 16).
-
Il justifie ce comportement par ses valeurs culturelles :
→ « C’est impoli » (l. 18).
→ « le petit ne regarde pas les vieux comme ça » (l. 20).
-
Il se sent poussé et non respecté, car le psychologue ne s’est pas présenté :
→ « Vous me demandez de parler de moi sans vous présenter » (l. 28).
-
Il considère donc le psychologue comme impoli :
→ « Vous êtes un impoli » (l. 26).
→ Son comportement est lié à des règles culturelles différentes et à un malentendu interculturel.
Balla impose les règles de la communication
-
Balla critique la prise de notes sans son accord :
→ « Vous notez ce que je vous dis, sans me demander si je suis d’accord » (l. 28).
-
Il exige une présentation complète fondée sur l’origine :
→ « par le nom et la provenance on connaît l’homme » (l. 36).
-
Il insiste sur l’importance des ancêtres :
→ « Vous ne connaissez pas vos ancêtres ? » (l. 45).
-
Il interroge lui-même le psychologue (l. 38–40).
→ Ainsi, il inverse partiellement les rôles et fixe ses propres normes culturelles.
Ouverture progressive grâce à la reconnaissance culturelle
-
Lorsque le psychologue raconte l’origine de son nom (l. 46), Balla réagit positivement :
→ « Oui monsieur, c’est une très bonne histoire » (l. 47).
-
Le psychologue constate un changement :
→ « C’est bien la première fois que je te vois joyeux » (l. 48).
-
Cette reconnaissance de l’importance des ancêtres correspond aux valeurs de Balla.
→ Il commence alors à gagner confiance et à s’ouvrir.
Les conséquences pour le déroulement du dialogue
Communication d’abord perturbée
-
Le psychologue exprime son agacement :
→ « ça commence à bien faire ! » (l. 11).
-
Il insiste :
→ « Hé, oh je te parle ! » (l. 13).
-
Il manifeste aussi une réaction non verbale :
→ « Cyclope lève son sourcil » (l. 27) ;
→ « Cyclope recule son corps en arrière » (l. 44).
-
Le dialogue est marqué par des pauses et des réponses monosyllabiques.
→ La communication est bloquée et tendue.
Adaptation du psychologue
-
Après les reproches de Balla, le psychologue accepte de recommencer :
→ « Reprenons dès le départ » (l. 31).
-
Il se présente officiellement : → « Je suis Yvan Le Roux, je suis breton » (l. 37).
→ Il accepte les règles culturelles de Balla.
Renversement des rôles
-
Le psychologue devient narrateur en racontant l’histoire de son nom (l. 46).
-
Balla devient auditeur et juge de l’histoire (l. 47).
→ Ce changement de dynamique apaise la situation.
Naissance d’un climat de confiance
-
Le psychologue remarque la réaction positive :
→ « C’est bien la première fois que je te vois joyeux » (l. 48).
-
Il propose un échange ludique :
→ « Est-ce qu’on pourrait jouer à se raconter des histoires ? » (l. 50).
-
Balla accepte : « Oui » (l. 51).
→ Un premier échange constructif devient possible.
Limite de cette ouverture
-
Lorsque le psychologue aborde le thème du père :
→ « Tu ne parles jamais de ton père » (l. 54),
Balla se referme à nouveau :
→ « Je ne peux rien vous dire. Je ne sais rien » (l. 59).
→ Malgré le progrès relationnel, le sujet du père reste un blocage émotionnel.
Conclusion
-
Le comportement de Balla s’explique par ses valeurs culturelles et par un malentendu interculturel.
-
Son refus initial entraîne une communication perturbée et l’agacement du psychologue.
-
L’adaptation du psychologue et la reconnaissance des normes culturelles de Balla permettent un premier rapprochement.
-
Cependant, la blessure liée au père absent limite encore la réussite complète du dialogue.
Introduction
-
Quitter son pays pour vivre dans une autre culture est une expérience importante et souvent difficile.
-
Cette situation offre des opportunités, mais comporte aussi des défis.
-
Il faut donc examiner les deux aspects.
Les chances de vivre dans un autre pays
-
On apprend une nouvelle langue, ce qui est un atout pour l’avenir professionnel.
-
On élargit son horizon en découvrant une autre culture, une autre religion, d’autres traditions et formes d’art.
-
On développe sa personnalité grâce à l’expérience de la différence et de l’éloignement.
-
On rencontre de nouvelles personnes et on crée des amitiés internationales.
-
On comprend mieux sa propre culture et son identité en les comparant avec celles des autres.
-
Cette expérience peut rendre plus tolérant et ouvert d’esprit.
Les défis et difficultés
-
Les problèmes de langue peuvent provoquer des malentendus et des difficultés de communication.
-
Il peut être difficile de s’intégrer à cause du manque de connaissance des règles sociales et des coutumes.
-
Trouver un emploi ou un logement peut être compliqué, surtout au début.
-
On peut souffrir de solitude et de nostalgie du pays d’origine.
-
Les démarches administratives peuvent être longues et compliquées.
-
Il existe parfois des expériences de discrimination ou de rejet.
Conclusion
-
Malgré les difficultés, vivre dans un autre pays peut être une expérience très enrichissante.
-
Les défis peuvent renforcer le caractère et favoriser la croissance personnelle.
-
Cependant, une bonne préparation est importante (apprendre la langue, s’informer sur la culture).
-
À mon avis, les chances dépassent les difficultés, si l’on est motivé et ouvert.
-
Quitter son pays est un défi, mais aussi une grande opportunité de développement personnel.
Monologue
Ce soir, je repense à ma séance avec Balla… et je dois l’admettre : quelque chose ne fonctionne pas. Depuis trois mois, j’attends qu’il parle, qu’il se confie, qu’il raconte son histoire. J’avais l’idée qu’il finirait par s’ouvrir si je lui laissais du temps. Mais peut-être ai-je trop attendu de lui.
J’avais des attentes élevées. Je voulais qu’il me raconte spontanément sa vie, son passé, son père. Comme si c’était naturel pour un enfant de six ans… surtout pour un enfant qui a quitté son pays et qui vit une situation difficile. Peut-être ai-je sous-estimé ce que cela représente pour lui.
Je dois aussi reconnaître que je ne me suis pas vraiment présenté. Je me suis contenté de dire que j’étais le psychologue de l’école. Pour moi, cela suffisait. Mais pour lui, non. Il avait besoin de savoir qui je suis, d’où je viens. Il m’a reproché de lui demander de parler sans me dévoiler moi-même. Et il avait raison.
Et puis il y a mes notes… Je prends des notes presque automatiquement. Je n’ai même pas pensé à lui demander son accord. Pour moi, c’est une habitude professionnelle. Mais pour lui, cela pouvait paraître intrusif, voire irrespectueux.
Je réalise aussi que j’ai interprété son silence comme un refus ou une provocation. Pourtant, son refus de me regarder dans les yeux n’était pas un manque de respect, mais une règle culturelle. C’est moi qui ai mal compris. J’ai jugé trop vite.
Pour les prochaines séances, je dois changer de stratégie.
D’abord, je dois être cohérent : si j’attends de lui qu’il s’ouvre, je dois moi-même être plus ouvert. Je dois accepter de parler de moi, de mon histoire, de mes origines. Aujourd’hui, quand je lui ai raconté l’histoire de mon nom, j’ai vu son regard changer. Il a souri. C’était la première fois.
Je dois aussi m’intéresser davantage à sa culture. Lui poser des questions sur le Mali, sur Kayes, sur ses traditions. Lui montrer que son monde m’intéresse vraiment. Cela pourrait créer un climat de confiance.
Il faut que je travaille davantage avec empathie. Me mettre à sa place. Imaginer ce que signifie quitter son pays, ne pas savoir où est son père, vivre entre deux cultures.
Peut-être devrions-nous continuer à travailler avec les histoires. C’était une bonne idée. Les histoires créent une distance protectrice. Elles permettent de parler de soi sans se sentir exposé.
Je dois accepter d’avancer plus lentement. La confiance ne se force pas. Elle se construit.
La prochaine fois, je commencerai autrement. Je lui demanderai comment il se sent. Je lui expliquerai ce que je fais avec mes notes. Et surtout, je l’écouterai vraiment.
Peut-être qu’alors, petit à petit, il acceptera de me raconter son histoire.