Lerninhalte in Französisch
Inhaltsverzeichnis

Partie A

1.
Présente la situation linguistique en Belgique telle qu'elle est décrite dans cette interview.
(compréhension) (10 Punkte)
2.
Analyse la position de Van Parijs concernant le rôle actuel et futur de l'anglais en
Belgique en tenant compte de la manière dont il présente ses arguments.
(analyse) (18 Punkte)
3.
Au choix :
3.1
« C'est cette langue, qui ne va cesser de se diffuser, qui nous permettra de dialoguer
à l'international. » (l.56 f.) Peut-on imaginer l'anglais comme seule langue de
communication pour toute l'Europe ? Pèse le pour et le contre d'une telle idée.
(commentaire) (14 Punkte)
ou :
3.2
Rédige une lettre de lecteur dans laquelle tu t'indignes contre l'idée d'une
Europe future avec l'anglais comme seule langue de communication.
(produktiv-gestaltende Teilaufgabe) (14 Punkte)

Frédéric Chardon et Bosco d'Otreppe

"L'anglais sera bientôt la première langue de Belgique"

Introduction :
Il s'agit d'un extrait d'une interview avec Philippe Van Parijs, philosophe et professeur
d'éthique économique et social à l'Université catholique de Louvain.
[...]
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Vous citez John Stuart Mill qui, en 1861, évoquait le sentiment de nationalité
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commune des Belges, “nonobstant [leur] diversité de race et de langue”. Pensez-
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vous qu’il aurait pu avoir raison avant tout le monde, et qu’aujourd’hui la Belgique
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constituerait une nation ?
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Cela aurait été possible de former une nation au sens où Mill l’entendait si la francisation
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du pays avait réussi comme elle a réussi en France. On remarque aujourd’hui qu’une nation
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belge n’a pas pu advenir, car le français n’a pas pu s’imposer pour des raisons qui sont à
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mes yeux valides.
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Quelles étaient ces raisons ?
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Au nom de leur dignité et de leur culture, les tenants du mouvement flamand considéraient
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que le flamand, comme on l’appelait à l’époque, devait être mis sur un pied d’égalité avec
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le français. Cela est advenu à la fin du XIXe siècle. A partir de là, le mouvement flamand a
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poursuivi ses revendications. Cela a conduit au principe de territorialité linguistique, à la
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scission de notre système d’enseignement et, en bout de course, à la situation actuelle
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d’une démocratie belge qui est faite de deux démocraties juxtaposées. C’est pour cela qu’il
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n’y a pas de nation belge. Cette dualité des démocraties, qui est un problème et un défi, est
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le résultat d’une reconnaissance de l’égale dignité des deux composantes de la population
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belge.
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La question linguistique est donc indépassable pour comprendre la Belgique
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actuelle…
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Comme toutes les démocraties, la démocratie belge connaît de nombreux problèmes. Mais
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il y a un problème spécifique en Belgique, qui est celui posé par la question linguistique.
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Nous devons réfléchir à la meilleure manière de le gérer.
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Pour le résoudre, vous faites appel à l’anglais. En quoi pourrait-il nous aider ?
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Il serait naïf de penser l’avenir de la Belgique sans prendre en compte ce phénomène
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spectaculaire qu’est la démocratisation de l’anglais. Aujourd’hui, l’anglais est la deuxième
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langue dans chacune des trois régions du pays. Au regard des chiffres et de sa maîtrise par
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les plus jeunes générations, l’anglais sera très prochainement la première langue du pays.
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Si ce n’est pas déjà le cas…
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Qu’est-ce que l’usage de l’anglais permettrait de résoudre ? Et n’effacerait-il pas le
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néerlandais ou le français ?
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Absolument pas. Dans les ménages, on continuera d’utiliser la langue parlée depuis
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toujours. Néerlandais et français resteront des langues officielles. La presse continuera à
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fonctionner pour l’essentiel dans les différentes langues. Je n’envisage donc pas l’anglais
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comme un substitut aux autres langues. Dans les relations personnelles cependant, les
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communications se feront en anglais. Cela est déjà en train de se passer, entre chercheurs
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par exemple, et cela se passera davantage à l’avenir. Ma thèse, c’est donc que de manière
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chaotique, désordonnée, les relations personnelles par-delà la frontière linguistique se
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dérouleront en anglais. L’anglais a même un double avantage : il deviendra la langue dans
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laquelle il sera le moins laborieux de fonctionner, et il est cette langue qui respecte le plus
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la dignité du français et du néerlandais. De manière approximative, un mot anglais sur deux
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est d’origine française, et un sur deux est d’origine germanique. Utilisons avec intelligence
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ce cadeau inespéré qui nous est offert par les hasards de l’histoire linguistique.
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L’anglais permettra-t-il de résoudre le gap culturel qui sépare francophones et
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néerlandophones ?
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Je crois que les différences qui sont liées à des flux d’informations et donc d’influences
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divers vont perdurer. Grâce à l’anglais, les contacts entre néerlandophones et francophones
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deviendront cependant plus fluides. Davantage d’échanges et de connivences se
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développeront. D’autant plus à mesure que la jeune génération remplacera l’ancienne, pour
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laquelle il est encore inconcevable de se mettre à fonctionner en anglais. Or, la création
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d’un “demos”, c’est-à-dire d’un peuple capable de fonctionner ensemble comme entité
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politique, a besoin de ces contacts fluides et égalitaires. Ce qu’il faut, c’est décomplexer les
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gens. En Belgique comme en Europe, nous devons nous réapproprier l’anglais qui est notre
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langue à nous. Fonctionner en anglais n’est par ailleurs pas une trahison du bel idéal d’une
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Belgique bilingue qui n’a jamais existé. Il s’agit plutôt d’être les pionniers d’une Europe du
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futur. Enfin, utiliser l’anglais relève aussi d’un argument très pragmatique. C’est cette
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langue, qui ne va cesser de se diffuser, qui nous permettra de dialoguer à l’international. […]
(704 mots)
Aus: Frédéric Chardon et Bosco d’Otreppe :“L’anglais sera bientôt la première langue de Belgique”.
La Libre, 16.06.2018 (Auszug) https://www.lalibre.be/belgique/l-anglais-sera-bientot-la-premiere-langue-de-
belgique- 5b24014955326301e78d155e
(Zugriff: 12.01.2020)