Lerninhalte in Französisch
Inhaltsverzeichnis

Partie A

1.
Expose brièvement la situation des deux protagonistes ainsi que le déroulement de leur rencontre.
(compréhension) (10 Punkte)
2.
Étudie les sentiments de Madame Arnoux et de Frédéric en tenant compte de la structure narrative ainsi que des moyens stylistiques.
(analyse) (18 Punkte)
3.
Au choix :
3.1
« Il y a un moment, das les séparations, où la personne aimée n'est déjà plus avec
nous. » (l. 64-65) Commente cette citation en te référant aussi à l'extrait de
L'éducation sentimentale de Flaubert.
(commentaire) (14 Punkte)
ou :
3.2
« Quand elle fut sortie, Frédéric ouvrit sa fenêtre. Mme Arnoux, sur le trottoir, fit signe
d'avancer à un fiacre qui passait. Elle monta dedans. La voiture disparut.
Et ce fut tout. » (l. 76-78) Rédige le monologue intérieur de Frédéric après le départ de Mme Arnoux.
(produktiv-gestaltende Teilaufgabe) (14 Punkte)

Gustave Flaubert
L'Éducation sentimentale (1869)

Le roman retrace le parcours social et affectif d'un jeune provincial avide de réussite, Frédéric Moreau, étudiant à Paris vers 1840. Il a plusieurs relations sentimentales, entre autres avec Mme Arnoux, une femme mariée. Bien des années après le départ de Mme Arnoux en province, celle-ci revient à Paris où elle retrouve Frédéric dans son cabinet de travail – une visite qu'il n'attendait pas. Ils partent faire une promenade.
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Elle s'étonnait de sa mémoire. Cependant, elle lui dit :
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– Quelquefois, vos paroles me reviennent comme un écho lointain, comme le son d'une
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cloche apporté par le vent; et il me semble que vous êtes là, quand je lis des passages
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d'amour dans les livres.
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– Tout ce qu'on y blâme d'exagéré, vous me l'avez fait ressentir, dit Frédéric. [...]
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– Pauvre cher ami !
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Elle soupira; et après un long silence :
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– N'importe, nous nous serons bien aimés.
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– Sans nous appartenir, pourtant !
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– Cela vaut peut-être mieux, reprit-elle.
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– Non ! non ! Quel bonheur nous aurions eu !
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– Oh ! Je le crois, avec un amour comme le vôtre!
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Et il devait être bien fort pour durer après une séparation si longue !
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Frédéric lui demanda comment elle l'avait découvert.
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– C'est un soir que vous m'avez baisé le poignet entre le gant et la manchette. Je me suis
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dit: « Mais il m'aime... il m'aime ! » J'avais peur de m'en assurer, cependant. Votre
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réserve était si charmante, que j'en jouissais comme d'un hommage involontaire et
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continu.
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Il ne regretta rien. Ses souffrances d'autrefois étaient payées.
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Quand ils rentrèrent, Mme Arnoux ôta son chapeau. La lampe, posée sur une console, éclaira
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ses cheveux blancs. Ce fut comme un heurt en pleine poitrine.
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Pour lui cacher cette déception, il se posa par terre à ses genoux, et, prenant ses mains, se mit
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à lui dire des tendresses.
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– Votre personne, vos moindres mouvements me semblaient avoir dans le monde une
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importance extrahumaine. Mon cœur, comme de la poussière, se soulevait derrière
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vos pas. Vous me faisiez l'effet d'un clair de lune par une nuit d'été, quand tout est
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parfums, ombres douces, blancheurs, infini; et les délices de la chair et de l'âme étaient
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contenues pour moi dans votre nom que je me répétais, en tâchant de le baiser sur mes
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lèvres. Je n'imaginais rien au-delà. C'était Mme Arnoux telle que vous étiez, avec ses
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deux enfants, tendre, sérieuse, belle à éblouir, et si bonne ! Cette image-là effaçait toutes
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les autres. Est-ce que j'y pensais, seulement ! puisque j'avais toujours au fond de moi-
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même la musique de votre voix et la splendeur de vos yeux !
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Elle acceptait avec ravissement ces adorations pour la femme qu'elle n'était plus. Frédéric,
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se grisant par ses paroles, arrivait à croire ce qu'il disait. Mme Arnoux, le dos tourné à la
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lumière, se penchait vers lui. Il sentait sur son front la caresse de son haleine, à travers ses
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vêtements le contact indécis de son corps. Leurs mains se serrèrent ; la pointe de sa bottine
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s'avançait un peu sous sa robe, et il lui dit presque défaillant :
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– La vue de votre pied me trouble.
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Un mouvement de pudeur la fit se lever. Puis, immobile, et avec l'intonation singulière des
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somnambules:
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– A mon âge ! lui! Frédéric ! ... Aucune n'a jamais été aimée comme moi ! Non, non ! à
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quoi sert d'être jeune ? Je m'en moque bien ! je les méprise, toutes celles qui viennent
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ici !
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– Oh ! il n'en vient guère ! reprit-il complaisamment.
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Son visage s'épanouit, et elle voulut savoir s'il se marierait.
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Il jura que non.
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– Bien sûr ? pourquoi ?
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– A cause de vous, dit Frédéric en la serrant dans ses bras.
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Elle y restait, la taille en arrière, la bouche entrouverte, les yeux levés. Tout à coup, elle le
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repoussa avec un air de désespoir ; et, comme il la suppliait de lui répondre, elle dit en
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baissant la tête :
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– J'aurais voulu vous rendre heureux.
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Frédéric soupçonna Mme Arnoux d'être venue pour s'offrir ; et il était repris par une
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convoitise plus forte que jamais, furieuse, enragée. Cependant, il sentait quelque chose
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d'inexprimable, une répulsion, et comme l'effroi d'un inceste. Une autre crainte l'arrêta,
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celle d'en avoir dégoût plus tard. D'ailleurs, quel embarras ce serait ! – et tout à la fois par
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prudence et pour ne pas dégrader son idéal, il tourna sur ses talons et se mit à faire une
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cigarette.
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Elle le contemplait, tout émerveillée.
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– Comme vous êtes délicat ! Il n'y a que vous ! Il n'y a que vous !
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Onze heures sonnèrent.
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– Déjà ! dit-elle ; au quart, je m'en irai.
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Elle se rassit; mais elle observait la pendule, et il continuait à marcher en fumant. Tous les
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deux ne trouvaient plus rien à se dire. Il y a un moment, dans les séparations, où la personne
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aimée n'est déjà plus avec nous.
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Enfin, l'aiguille ayant dépassé les vingt-cinq minutes, elle prit son chapeau par les brides,
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lentement.
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– Adieu mon ami, mon cher ami ! Je ne vous reverrai jamais ! C'était ma dernière
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démarche de femme. Mon âme ne vous quittera pas. Que toutes les bénédictions du
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ciel soient sur vous !
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Et elle le baisa au front comme une mère.
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Mais elle parut chercher quelque chose, et lui demanda des ciseaux.
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Elle défit son peigne; tous ses cheveux blancs tombèrent.
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Elle s'en coupa, brutalement à la racine, une longue mèche.
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– Gardez-les! adieu !
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Quand elle fut sortie, Frédéric ouvrit sa fenêtre. Mme arnoux, sur le trottoir, fit signe
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d'avancer à un fiacre qui passait. Elle monta dedans. La voiture disparut.
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Et ce fut tout.
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Aus: Gustave Flaubert: L'Éducation sentimentale (1869). Paris: Editions Gallimard 1965, S. 453-455 (Auszug)