Partie A
1.
Présente la vie privée et professionnelle de Sarah.
(compréhension) (12 Punkte)
2.
Étudie l’attitude de Sarah à l’égard de son travail en te référant aux moyens stylistiques utilisés par l’auteure.
(analyse) (17 Punkte)
3.
Au choix :
3.1
Faire carrière et s’occuper de sa famille – un défi surmontable et pour les hommes et pour les femmes ? Discute.
ou :
(commentaire) (13 Punkte)
3.2
Avec ton école partenaire, tu fais un projet sur le monde du travail. Dans ce cadre, tu choisis des textes illustrant des projets de vie privée et professionnelle pour l’avenir.
Rédige une entrée de blog dans laquelle vous évaluez si l’extrait donné du roman
« La tresse » serait approprié pour ce recueil.
« La tresse » serait approprié pour ce recueil.
(produktiv-gestaltende Teilaufgabe) (13 Punkte)
Laetitia Colombani
La tresse (2017)
L’histoire parle de Sarah, qui habite au Canada et travaille chez « Johnson & Lockwood »,un grand cabinet d’avocats prestigieux.
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Chez Johnson & Lockwood, elle avait gravi les échelons à la vitesse d’un cheval lancé au
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galop, se forgeant une solide réputation en cour de justice. Le tribunal était son arène, son
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territoire, son colisée. Lorsqu’elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante,
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intraitable, impitoyable. Pour plaider, elle prenait une voix légèrement différente de la sienne,
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plus grave, plus solennelle. Elle s’exprimait par phrases courtes, incisives, tranchantes comme
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des uppercuts. Elle laissait ses adversaires KO, s’engouffrant dans la moindre faille, la
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moindre faiblesse de leur argumentaire. Elle connaissait par coeur ses dossiers. Elle ne se
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laissait pas démonter, et ne perdait jamais la face. Depuis qu’elle avait commencé à exercer,
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dans ce petit cabinet de la rue Winston qui l’avait embauchée après son diplôme du barreau,
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elle avait gagné la très grande majorité de ses affaires. Elle était admirée et redoutée. Elle
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était, à presque quarante ans, un modèle de réussite pour les avocats de sa génération.
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Au cabinet, le bruit courait qu’elle était la prochaine Managing Partner. Johnson était âgé,
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il faudrait lui succéder. La place était convoitée par tous les associés. Ils s’y voyaient déjà,
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califes à la place du calife. Ce poste était une consécration, un Everest dans le monde de
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l’avocature. Sarah avait tout pour être désignée : un parcours exemplaire, une volonté sans
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faille, une capacité de travail défiant toute concurrence – une forme de boulimie qui toujours
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la poussait à rester en mouvement. Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic
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s’attaquait au suivant. Elle voyait sa vie ainsi, comme une longue ascension, se demandant
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parfois ce qui se passerait lorsqu’elle serait au sommet. Ce jour-là, elle l’attendait sans
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vraiment l’espérer.
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Bien sûr, sa carrière avait exigé des sacrifices. Elle lui avait coûté son lot de nuits blanches,
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et ses deux mariages. [...]
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Accaparée par son travail au cabinet, Sarah avait dû renoncer à partager de nombreux
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moments avec ses enfants. Faire l’impasse sur les sorties scolaires, les kermesses de fin
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d’année, les spectacles de danse, les goûters d’anniversaire, les vacances, lui pesait plus
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qu’elle ne voulait l’admettre. Elle savait que tous ces instants ne se rattraperaient pas, et cette
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pensée l’affectait. Elle la connaissait bien, cette culpabilité des mères qui travaillent, elle
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l’avait assaillie dès la naissance d’Hannah, dès ce jour terrible où elle avait dû la laisser,
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alors âgée de cinq jours, dans les bras d’une nounou pour gérer une urgence au cabinet qui
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l’employait. Elle avait vite compris qu’il n’y avait pas de place, dans le milieu où elle évoluait,
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pour les atermoiements d’une mère éplorée. Elle avait caché ses larmes sous une épaisse
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couche de fond de teint, avant d’aller travailler. Elle se sentait déchirée, écartelée, mais ne
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pouvait se confier à personne. Elle enviait alors la légèreté de son mari, cette fascinante
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légèreté des hommes, chez qui ce sentiment semblait curieusement absent. Ils passaient la
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porte de chez eux avec une insolente facilité. En partant le matin, ils n’emportaient que leurs
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dossiers, alors qu’elle traînait partout le fardeau de sa culpabilité, comme une tortue sa lourde
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carapace. Au début elle avait tenté de lutter contre ce sentiment, de le rejeter, de le nier, mais
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elle n’y était pas parvenue. Elle avait fini par lui faire une place dans sa vie. La culpabilité
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était sa vieille compagne, qui s’imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte
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de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d’un visage, disgracieuse, inutile, mais
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c’était ainsi : elle était là. Il fallait faire avec. [...]
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Dans l’intimité, Sarah était une mère tendre et attentionnée. Pour tout le reste, il y avait Ron,
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« Magic Ron », comme les enfants l’avaient eux-mêmes surnommé. Il riait de cette appellation,
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qui était devenue presque un titre.
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Sarah avait recruté Ron quelques mois après la naissance des jumeaux. [...] Surprise de
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trouver un homme aspirant à ce poste, elle avait d’abord écarté sa candidature – on lit tant de
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choses dans les journaux... En outre, ses deux maris s’étant peu illustrés dans l’art de changer
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une couche ou donner un biberon, elle doutait de la capacité d’un homme à exceller dans ces
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tâches. Elle s’était alors rappelé son entretien d’embauche chez Johnson & Lockwood, et ce
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qu’elle avait dû accomplir, en tant que femme, pour s’imposer dans ce milieu. Elle avait
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finalement révisé son jugement. Ron avait droit à sa chance, comme les autres. Il avait un CV
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irréprochable, des références solides. Il était lui-même père de deux enfants. Il habitait dans
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un quartier voisin. Il était évident qu’il avait toutes les qualités requises pour le poste. Sarah
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l’avait mis à l’essai durant deux semaines, pendant lesquelles Ron s’était révélé parfait : il
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passait des heures à jouer avec les enfants, cuisinait divinement, faisait les courses, le ménage,
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la lessive, la déchargeant de tout ce que le quotidien peut avoir d’astreignant. Les enfants
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l’avaient adopté, les jumeaux comme Hannah, alors âgée de cinq ans. Sarah venait de se
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séparer de son second mari, le père des garçons, et elle avait pensé qu’une figure masculine
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serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne. Inconsciemment, elle
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s’assurait peut-être aussi, en engageant un homme, que personne ne prendrait sa place de
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maman. Ron était donc devenu Magic Ron, indispensable à sa vie et à celle de ses enfants.
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Lorsqu’elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout
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avait réussi : elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une
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carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l’image de ces femmes que l’on voit dans les
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magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi
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indécelable sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.
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Pourtant elle était là.
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Nos solutions sont représentées en points clés. À l’examen, il faut écrire un texte continu correspondant au type de texte requis pour obtenir la totalité des points.
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1.
- résidant au Canada
- une mère « tendre et attentionnée » (l. 42) de trois enfants
- elle est mariée à deux reprises (1.20-21)
- presque quarante ans (l.11)
- elle avait raté l'enfance de ses enfants
« La culpabilité était sa vieille compagne, qui s’imposait partout sans y être invitée. » (l.38-39)
- « Magic Ron »
Il s'occupe des enfants pendant Sarah travaille
« ... elle avait pensé qu’une figure masculine serait appréciable dans une famille monoparentale comme la sienne » (l.58-59)
La vie privée
- « ... travaille chez « Johnson & Lockwood », un grand cabinet d’avocats prestigieux. »
- elle se transforme en une combattante impitoyable et dure
« elle prenait une voix légèrement différente de la sienne, plus grave, plus solennelle. » (l.4-5)
- une avocate ambitieuse
« Elle était une sportive, une alpiniste, qui après chaque pic s’attaquait au suivant » (l.17-18)
La vie professionnelle
2.
- renforce l'image d'une personne déterminée et forte
le parcours de Sarah « à la vitesse d'un cheval lancé au galop » (l.1-2)
« Le tribunal était son arène, son territoire, son colisée » (l.2-3)
« Lorsqu’elle y pénétrait, elle devenait une guerrière, une combattante, intraitable, impitoyable. » (l.3-4)
pour plaider, elle utilise une voix « plus grave, plus solennelle » (l.5)
elle a gardé son calme et connaissait très bien ses dossiers.
Métaphores et comparaisons
- la famille est venue en deuxième position à cause de son travail
« Elle était cette pancarte de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d’un visage ... » (l.39-40)
- elle doit cacher ses sentiments
« Elle avait caché ses larmes sous une épaisse couche de fond de teint, avant d’aller travailler. » (l.31-32)
- Magic Ron sert d'équilibre
il atténue son sentiment de culpabilité en s'occupant de ses enfants
son nom indique déjà qu'il joue un rôle important dans la vie de Sarah
Description de sa culpabilité
3.1
- dans la société moderne, hommes et femmes sont confrontés au conflit
- historiquement, les rôles étaient clairement définis
- les femmes principalement responsables de la famille et les hommes concentrés sur leur carrière
Introduction
- la pression sur les femmes qui souhaitent réussir professionnellement
- le sentiment de culpabilité est très souvent présent lorsque la carrière est également une priorité
- les femmes peuvent également être confrontées à des défis sur le lieu de travail
- le manque de soutien de la part des employeurs en ce qui concerne le congé de maternité
- la difficulté d'accéder à des postes de direction
- les hommes sont souvent confrontés à des attentes traditionnelles
- rôle de pourvoyeur principal
- de plus en plus d'hommes souhaitent être des parents présents et engagés
- difficile à réaliser dans cet environnement
Texte principale
Comparaison entre les femmes et les hommes
- aujourd'hui, le monde du travail a beaucoup évolué, par exemple avec le télétravail, les horaires flexibles et les congés parentaux
- l'employeur peut créer un environnement de travail favorable aux parents
- les époux peuvent se soutenir mutuellement au quotidien
Solutions possibles
- chaque personne et chaque famille est unique et les décisions concernant la carrière et la vie familiale
- il n'y a pas de bonne ou de mauvaise méthode
- pour relever ce défi nécessite un changement des normes sociales
Conclusion
3.2
Équilibrer carrière et vie privée
Titre du blog
- l'extrait s'agit de Sarah, une avocate talentueuse qui travaille dans un grand cabinet d'avocats
- elle est décrite comme une guerrière
- une femme qui a réussi professionnellement, mais qui a dû faire des sacrifices
- sa détermination au travail lui a coûté ses deux mariages
- elle a dû renoncer à de nombreux moments avec ses enfants
- la culpabilité des mères qui travaillent la hante depuis le début de sa maternité
Texte principale
Description de l'extrait
- l'extrait illustre les dilemmes auxquels de nombreuses femmes peuvent être confrontées
- l'histoire de Sarah soulève des questions sur la pression sociale
- les choix personnels et les sacrifices nécessaires pour réussite professionnelle
- l'extrait permet de lancer des discussions sur la compatibilité entre la carrière et la vie de famille et les défis auxquels les femmes sont confrontées
- l'histoire de Sarah est inspirante et offre de précieux enseignements à nos lecteurs
La comparaison
- en résume / pour conclure ...
- l'extrait est une contribution pertinente à notre projet sur le monde du travail
- un aperçu réaliste et émotionnel des projets de vie privée et professionnelle dans le futur
Conclusion