Partie A
1.
Expose le sujet abordé dans le texte ainsi que ses idées principales.
(compréhension) (9 Punkte)
2.
Analyse l’image de la langue française transmise par l’auteure et les moyens utilisés pour la mettre en relief.
(analyse) (17 Punkte)
3.
Au choix :
3.1
Apprendre une langue, c’est apprendre sa culture. Discute cette idée.
ou :
(commentaire) (16 Punkte)
3.2
Tu as lu l’article et tu veux donner ton avis à son sujet. Rédige un courrier de lecteur.
(produktiv-gestaltende Teilaufgabe) (16 Punkte)
Alice Develey
Francophonie : la langue française comme « terre d’accueil » (2020)
1
La langue française se raconte à travers la voix d’auteurs dans un petit livre publié en
2
partenariat avec l’Organisation internationale de la francophonie.
3
Avec 300 millions de locuteurs présents sur les cinq continents, le français figure à la
4
cinquième place des langues les plus parlées dans le monde après le chinois, l’anglais,
5
l’espagnol et l’arabe. Molière peut être fier. Et plus encore Maryse Condé, Patrick Chamoiseau
6
Anna Moï, Amin Maalouf et tous ces grands auteurs qui « portent la langue française
7
aujourd’hui, avec une foi et un enthousiasme qui n’est malheureusement pas toujours partagé
8
par les intellectuels en France ».
9
Dans un petit livre publié pour célébrer le 50
anniversaire de l’Organisation internationale
10
de la francophonie, le prix Nobel de littérature 2008 Jean-Marie Gustave Le Clézio, à l’instar
11
de Barbara Cassin, Dorcy Rugamba, Rithy Panh, Simon Njami et Fawzia Zouari, revient sur
12
sa relation intime avec l’idiome. À travers ses souvenirs qui joignent la petite à la grande
13
histoire, l’écrivain déclame son amour pour celle qui est « devenue plus qu’une langue, (…)
14
un lieu d’échange et de rencontre ».
15
En préface de Francophonie, Pour l’amour d’une langue (Nevicata, l’Âme des peuples),
16
Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie rappelle d’abord ce que signifie
17
ce mot en le définissant par ce qu’il n’est pas. La francophonie « n’est pas un pays » et elle
18
« ne s’identifie pas non plus au passé de la France. Les empires anciens sont derrière nous, et
19
le ‘passé trouble’ doit laisser place à une communauté de destins engagés dans l’indépendance
20
des nations et la liberté des individus ».
21
Il ne s’agit pas de le jeter aux oubliettes de l’histoire. Car, comme le note Le Clézio, « l’anglais,
22
l’espagnol et le français sont devenues ce qu’elles sont grâce aux empires coloniaux. Si
23
l’anglais est la première langue du commerce et de la communication, il ne le doit pas à
24
Shakespeare ou à Dickens, il le doit à l’Inde, à l’Afrique, à l’Australie et à ses colonies
25
d’Amérique. »
26
Une « langue refuge »
27
L’auteur belgo-rwandais Dorcy Rugamba le rappelle : « La langue est le produit de son histoire
28
et des flux de populations. » Ce que constate l’écrivain franco-tunisienne Fawzia Zouari :
29
« Hier, l’apprentissage du français était perçu comme libérateur. Aujourd’hui, il est présenté
30
par certains comme une oppression. » Si « les langues ne sont pas innocentes » comme le
31
pense Le Clézio, alors, la question est celle-ci : qu’est-ce que l’on veut en faire aujourd’hui ?
32
L’auteur avance : « La Francophonie, particulièrement dans son rôle de modérateur culturel,
33
apporte sans doute une réponse à cette interrogation. »
34
Ainsi s’articule autour d’une question ce petit livre : la Francophonie a-t-elle une « âme » ?
35
Pour Louise Mushikiwabo, la langue française appartient « à tous ceux qui s’en réclament ».
36
Une vision que partage l’auteur franco-cambodgien Rithy Panh. Après avoir appris le
37
français en chantant Brassens, Brel, Ferrat ou encore Ferré, il a fait de lui « sa langue
38
refuge ». Ni mur, ni frontière, le français est un pont, « une langue généreuse et ouverte sur
39
les autres modes de pensée. »
40
Est-ce pour cela que l’helléniste Barbara Cassin a fait de la phrase « plus d’une langue »
41
sa devise sur son épée d’académicienne ? Interrogée sur la question de la traduction comme
42
« verrou de la diffusion mondiale du savoir », l’auteur répond qu’elle est une hospitalité.
43
« Traduire, c’est se mettre en position d’écoute et d’observation. » Ainsi, « traduire la langue
44
française, et traduire en langue française, c’est lui rendre le plus beau, le plus solennel des
45
hommages ».
46
Le globish, « une défaite menaçante pour l’anglais »
47
De fait, comme le répète l’académicienne, il n’y a donc pas « le français, mais des français qui
48
composent quelque chose comme la langue française ». Ce que confirme l’écrivain et critique
49
d’art camerounais Simon Njami : « Le français n’est pas un moule qui nous transforme en
50
locuteurs sans capacité individuelle de jugement et d’opinion. Le français, au contraire, nous
51
rend libre. » Ainsi, peut-il ajouter « je suis né dans le français », comme le disait déjà en
52
substance un certain Albert Camus: « Ma patrie, c’est la langue française. »
53
Au fil des pages, ce sont des visions plurielles du français qui se dessinent. Barbara Cassin
54
revient sur l’écriture inclusive, les traducteurs automatiques et le globish qui est « une défaite
55
surtout menaçante pour l’anglais ». De son côté, Fawzia Zouari s’en prend à « l’idéologie
56
islamiste et les prêches dans les mosquées » qui minent le débat sur la Francophonie. Enfin,
57
Simon Njami fait de Baudelaire « l’idéal de la langue et l’esprit français, à travers son
58
dandysme qui était une forme de rébellion ».
59
Si la francophonie a une âme, elle en a le parfum de son temps. Le Clézio a la formule parfaite
60
pour la qualifier. Laissons-lui le mot de la fin : « La langue française, vieille langue de mélange
61
et de rencontre, grâce à tous ses locuteurs, où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, peut devenir
62
une terre d’accueil et d’universalité. »
Alice Develey : Francophonie : la langue française comme « terre d’accueil ». Le Figaro, 22.07.2020 (Auszug) (Zugriff: 23.10.2024)
Weiter lernen mit SchulLV-PLUS!
monatlich kündbarSchulLV-PLUS-Vorteile im ÜberblickDu hast bereits einen Account?
Note :
Nos solutions sont représentées en points clés. À l’examen, il faut écrire un texte continu correspondant au type de texte requis pour obtenir la totalité des points.
Nos solutions sont représentées en points clés. À l’examen, il faut écrire un texte continu correspondant au type de texte requis pour obtenir la totalité des points.
1.
- Importance mondiale du français
Cinquième langue la plus parlée au monde avec 300 millions de locuteurs.
Le français, langue d'écrivains renommés comme Maryse Condé et Amin Maalouf, reflète une richesse culturelle et littéraire.
- Définition et rôle de la Francophonie
La Francophonie est souvent perçue comme un espace de liberté et de diversité, bien que ses origines soient liées au passé colonial de la France.
Louise Mushikiwabo la présente comme une « communauté de destins » (l. 19) axée sur l’indépendance et la liberté.
- Le français, une langue refuge
Plusieurs auteurs témoignent de leur attachement au français, qu’ils considèrent comme une langue accueillante et libératrice.
Le français est décrit comme une langue d’ouverture, favorisant une richesse d’expressions et de pensées diverses.
- Défis et perspectives de la Francophonie
La langue française est confrontée à des enjeux tels que l’hégémonie de l’anglais (globish) et des idéologies limitant son rayonnement.
La traduction est perçue comme un acte d’hospitalité et un moyen de renforcer le rayonnement de la langue française.
- Visions plurielles de la langue
La Francophonie n’est pas homogène, mais composée de différentes formes de français qui enrichissent la langue.
Elle est un outil de liberté et d’identité personnelle, comme l’expriment des auteurs tels que Simon Njami ou Rithy Panh.
Idées principales
2.
- Rapidité et commodité
Le français est parlé sur les cinq continents par quelque 300 millions de locuteurs (l. 3), ce qui en fait l'une des langues les plus influentes au monde.
Son rayonnement mondial reflète sa capacité à rassembler des cultures diverses.
- Large choix de publications
La richesse de la littérature francophone est mise en évidence par la mention d'auteurs tels que Maryse Condé, Amin Maalouf et Patrick Chamoiseau (l. 5-6).
Cela souligne l'influence culturelle et intellectuelle de la langue française au-delà de la France.
Grâce à son rôle comme langue d’échange et de rencontre (l. 14), le français permet d’établir des ponts entre les peuples et de gagner en efficacité dans la communication interculturelle.
Les caractéristiques fondamentales de la langue française
- Une langue marquée par l’histoire coloniale
La langue française est décrite comme le fruit d’une histoire complexe. Selon Le Clézio, « l’anglais, l’espagnol et le français sont devenus ce qu’ils sont grâce aux empires coloniaux » (l. 21).
Cette observation rappelle que la diffusion de ces langues est intrinsèquement liée à des flux historiques, souvent conflictuels.
- Une langue enrichie par les mouvements de population
Dorcy Rugamba souligne que « la langue est le produit de son histoire et des flux de populations » (l. 27), ce qui met en lumière son caractère évolutif et multiculturel.
Cette perspective est partagée par Fawzia Zouari, qui évoque l’évolution de la perception du français, passant d’un rôle « libérateur » à une vision parfois jugée comme une « oppression » (l. 29-30).
Les enjeux complexes de la langue française
- Une langue libératrice et universelle
Simon Njami déclare : « Le français n’est pas un moule […]. Le français, au contraire, nous rend libre » (l. 49-51). Cette vision illustre une langue qui encourage l’indépendance de pensée et l’expression individuelle.
Le français dépasse son simple statut de langue pour devenir un « lieu d’échange et de rencontre » (l. 14), une « langue refuge » (l. 37), ou encore un « pont » entre les cultures (l. 38).
- Un héritage identitaire et culturel
La citation d’Albert Camus, « Ma patrie, c’est la langue française » (l. 52), souligne l’idée que le français constitue un élément central de l’identité culturelle.
Cette idée est renforcée par le rôle de la langue dans la traduction, définie par Barbara Cassin comme un acte d’« hospitalité » et un hommage solennel à la richesse linguistique (l. 43).
L’appréciation implicite de la langue française
3.1
L’apprentissage d’une langue ne se limite pas à l’acquisition de sa grammaire et de son vocabulaire, mais implique également une compréhension de la culture du pays où elle est parlée. Une langue reflète l’histoire, les traditions et les valeurs de la société qui l’utilise. Par exemple, les salutations, les expressions idiomatiques ou encore les formes de politesse varient d’une culture à l’autre, montrant ainsi l’influence culturelle sur l’usage linguistique.
Introduction
- Il est possible d’apprendre une langue sans immersion culturelle, en se concentrant uniquement sur ses structures grammaticales et son vocabulaire.
Par exemple, de nombreuses personnes apprennent l’anglais pour des raisons professionnelles.
- Certaines langues mondiales, comme l’anglais, le français ou l’espagnol, ne sont pas associées à une seule culture spécifique.
L’anglais est utilisé aussi bien aux États-Unis qu’en Inde ou en Afrique du Sud, chacun ayant ses propres références culturelles.
- La mondialisation réduit les différences culturelles en uniformisant certaines pratiques linguistiques.
Par exemple, des termes comme « OK » ou « email » sont utilisés dans de nombreuses langues, indépendamment de leur culture d’origine.
Arguments contre
- La langue est un élément clé pour définir l’identité d’une personne ou d’un groupe.
Par exemple, les langues régionales en France (breton, occitan) sont liées à une forte identité culturelle.
- Une langue a vécu à travers des situations de communication, toujours influencées par la culture.
Par exemple, apprendre le français implique de comprendre l’importance des repas et des conversations à table.
Arguments en faveur
Bien que l’on puisse apprendre une langue sans forcément plonger dans sa culture, une compréhension approfondie nécessite de s’intéresser à cette dernière. La langue et la culture sont souvent interconnectées, car elles enrichissent l’expérience d’apprentissage et favorisent la communication interculturelle.
Conclusion
3.2
Réaction à l’article Francophonie : la langue française comme « terre d’accueil »
L'objet
- Chère Madame,
- Je m'appelle [...] et je souhaite partager mes réflexions sur votre article.
- J'apprécie particulièrement l'idée de la langue française comme « lieu d'échange et de rencontre ».
Introduction
- La Francophonie peut être un pont entre cultures, idées et individus dans un monde globalisé.
- Importance de son histoire et de ses évolutions.
- Défis actuels, tels que le globish et certaines idéologies.
- Maintenir le respect des diversités culturelles tout en préservant l'essence du français.
- Citation de Louise Mushikiwabo : le français appartient à tous ceux qui s’en réclament.
- Risque de dénaturation et opportunité d’enrichissement de la langue.
- Partage de l’opinion de Simon Njami : le français comme espace de liberté.
- La langue offre une capacité d’intégration des multiples influences.
- Nécessité de préserver son rayonnement face aux transformations linguistiques et sociales.
Texte principal
- Je tiens à vous remercier pour cet article éclairant et pertinent.
- Rappel du rôle du français comme patrimoine vivant, bien au-delà d’un simple outil de communication.
- Avec mes salutations respectueuses...
Conclusion